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Il faut qu’on parle de… Them Crooked Vultures


Them Crooked Vultures originaire de Los Angeles en Californie, est un all-star band (en français un Supergroupe), c’est-à-dire un groupe avec des musiciens ayant déjà acquis une certaine notoriété au sein d’un ou de plusieurs autres groupes. Dans ce cas précis, le mot « notoriété » n’est qu’un oxymore face à un trio dont leurs talents et leurs contributions au rock et à la musique en général est aussi vaste qu’immense.

Nous y trouvons tout d’abord John Paul Jones (basse), l’ancien bassiste et claviériste du groupe Led Zeppelin, Josh Homme (guitare/chant), fondateur des groupes Kyuss et Queens of the Stone Age, et enfin Dave Grohl (batterie/chœur) ancien batteur du groupe emblématique Nirvana, et actuellement chanteur et guitariste du groupe Foo Fighters. Enfin disons plus simplement : un casting extraordinaire !

Après s’être retrouvés dans le studio personnel de Josh Homme en février 2009, l’album intitulé tous simplement Them Crooked Vultures sort le 17 novembre 2009. S’ensuivra une longue tournée mondiale qu’ils ont appelés Deserve the future jusqu’à fin 2010 avec le guitariste et producteur Alain Johannes. Les paroles sont de Josh Homme mais la musique, les arrangements et la production sont le résultat d’une alchimie parfaite entre ce trio original. Cerise sur le gâteau: le groupe remporte en 2011 le Grammy Award de la meilleure performance de hard rock pour « New Fang ». Voici la liste des 13 titres, pour un album d’une durée généreuse de 1h06min :

  1. No one loves me & neither do i

  2. Mind eraser, no chaser

  3. New fang

  4. Dead end friends

  5. Elephants

  6. Scumbag Blues

  7. Bandoliers

  8. Reptiles

  9. Interludes with ludes

  10. Warsaw or the first breath you take after you give up

  11. Caligulove

  12. Gunman

  13. Spinning in Daffodils

L’album en quelques mots :

Pour commencer, Dave Grohl nous accueil sur une introduction de batterie seul. Le premier morceau « No one loves me & neither do i » commence et expose la couleur et l’atmosphère sonore de l’album. La première partie nous plonge dans une traditionnelle chanson d’amour inaccessible, à la rythmique groove mais puissante ainsi que des parties mélodiques riche et de bonne facture. Le pont se fait entendre et notre cœur s’accélère. Le morceau donne l’impression de s’emballer pour rentrer dans un nouveau tournant qui arrive ensuite à la troisième et dernière partie du morceau : à partir de là, ça explose !

On entend la frappe puissante de Dave Grohl que l’on retrouvait dans les morceaux de Nirvana, la basse et la guitare se font un jeu de question réponse en se hurlant l’un sur l’autre et la voix et le ton des paroles changes : on passe d’une chanson d’amour banale à une explosion d’émotion.

« You can keep your soul

I don’t wanna soul mate »

Tu peux garder ton âme.

Je ne veux pas d’âme sœur.

« I know how to burn with passion

Hold nothing back for futur ration »

Je sais commet brûler avec passion,

Ne garde rien pour la suite.

Le morceau atteint donc son climax et le trio nous l’annonce d’emblée : l’album ira de surprise en surprise. Les trois vautours tordus ont de la suite dans les idées. S’ensuivent les morceaux « Mind Eraser, no chaser » et « New fang », qui fut le premier titre diffusé à la radio pour promouvoir leur album. Arrive « Dead en friends » qui va venir apporter une touche sombre et nostalgique dès le début avec la présence d’un effet spectral et fantomatique de la guitare. La chanson parle d’impasse et joue avec l’expression « dead end ».

« I follow the road at night

Just hopping to find

Which puzzle piece fell out of me »

Je suis la route la nuit,

Recherchant seulement

La pièce de puzzle qui s’est séparée de moi.

Mais pas le temps de se lamenter, le morceau à l’allure de jam « Elephants » commence avec un tempo modéré qui s’accélère d’un coup ! Le contraste avec la musique précédente est marqué. Ici encore les effets de la guitare son bien trouvé et donne l’impression d’imiter le barrissement d’un éléphant. S’ensuivra « Scumbag blues », le morceau selon moi le plus impressionnant avec des parties de batterie intense, un beau solo de guitare et une ligne de basse technique et groove en slap. Notons que le mixage préparé au petit oignon nous donne l’impression que John et Josh jouent juste à côté de nos oreilles notamment grâce au mixage stéréo. Puis arrive le morceau « Bandoliers », faisant un petit retour dans le bon vieux rock des années 1990.

La piste suivante « Reptiles », nous fait voyager dans un univers mélodique nouveau et planant, qui viendra habiller l’album et lui donnera de la matière en ce qui concerne la recherche de créativité et d’originalité. S’ensuivra un morceau qui fera office d’une sorte d’entracte à l’album « Interludes with ludes », où la recherche d’effet et de couleur sonore emmènera l’auditeur dans un autre monde, nous laissant atterrir délicatement avec ensuite « Warsaw or the first breath you take after you give up » et « Caligulove » .

En avant dernière position on retrouve le titre groovy « Gunman » . Et là dernière surprise pour finir, un accueil sur une partie de piano pour la conclusion de l’album avec « Spinning in daffodils » qui laisse place petit à petit au trio, pour enfin terminer sur une valse surprenante à trois temps qui contraste avec le reste de l’album.

Pour conclure :

On peut ressentir dans cet l’album l’influence de chaque membre du groupe, des pointures du rock aux styles bien marqués et aux compositions de bonne facture. On en retient une grosse poignée de riffs de tueurs, une rythmique groove mais incisive ainsi qu’un chant mélodieux aux paroles originales. En prime : une recherche d’une atmosphère mélodique et sonore pour faire voyager l’auditeur dans différents mondes et couleurs musicales. C’est le genre d’album qu’on écoute en hochant la tête avec une bonne bière à la main. J’ai pu découvrir le groupe étant jeune car en tant que batteur et fan de Nirvana, j’étais et suis encore un immense admirateur de Dave Grohl, qui influencera mon jeu rythmique durant mon apprentissage.

Néanmoins un petit bémol me vient : certains morceaux sont un peu longs car répétitifs. Il manque notamment un morceau sortant des sentiers battus, ou le trio nous auraient offert une grosse prise de risque et donc pourquoi pas un morceau légendaire à la hauteur de leur All star band. C’est un peu trop « propre » et malheureusement on reste un peu sur notre faim. Mais je vous conseil de regarder les lives du groupe qui sont tout simplement magiques !

Them Crooked Vultures, c’est l’album à mettre entre les mains de tous ceux qui sont nostalgiques du bon vieux rock à la Led Zeppelin, Nirvana et Queens of the Stone Age et qui rêve d’évasion. Peut-être nous offriront-ils un second album ?


Theme Crooked Vultures (Live complet 2009)