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Le Jazz


Quelle est l’influence du jazz sur la société et les musiques actuelles ?

Le Jazz est né aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle. Les populations amenées d’Afrique par le commerce triangulaire sont des esclaves qui travaillent dans les champs. Ils chantaient pour se donner du courage, au départ les chants étaient collectifs et religieux comme le gospel. Ce grand genre se nomme worksongs. Ce qui créé en 1900 le blues, en 1910 les grands genres du Jazz qui influenceront la plupart des musiques actuelles et des sociétés. Pour répondre à la problématique nous allons développer quatre grandes parties. Premièrement nous présenterons l’aspect musical du jazz, ensuite nous expliquerons ce qu’est la renaissance de Harlem, puis nous chercherons les influences sur la société, et nous terminerons par l’influence sur les musiques actuelles.

Présentation musicale :

D’emblée le jazz est exprimé par plusieurs instruments qui lui sont propres : la batterie définit le tempo de la musique grâce à plusieurs principaux rythmes : le shuffle et le chabada. La partie de basse est principalement assurée par la contrebasse qui joue en walking bass, c’est-à-dire que le bassiste se balade sur la gamme de l’improvisation, ne jouant qu’une note par temps. Les cuivres, le saxophone, et le piano jouent les parties mélodiques ou improvisent. Les musiciens suivent tous une grille d’accords de 12 mesures qui varie selon les musiques. C’est en suivant cette grille que les musiciens improvisent tour à tour.


Le jazz provient de 3 grands courants musicaux apparus avec l’esclavage des noirs : les spirituals, le blues et le ragtime.

  • Le spiritual est un mélange de traditions africaines et de mélodies liturgiques européennes. Ce style apparait au XVIIIème, sa transmission était orale et anonyme. C’était un chant de travail, la partie de voix est basée sur l’improvisation et est accompagnée par des percussions corporelles : claquements de doigts, de pieds, de mains.
  • Le blues est un genre musical vocal et instrumental, dérivé des chants de travail des populations afro-américaines apparues au Mexique et aux États-Unis au courant du XIXe siècle qui exprimaient eux aussi leurs peines dans un genre de musique comparable. C’est un genre où le chanteur exprime sa tristesse et ses déboires, d’où l’expression « avoir le blues ». Le blues a eu une influence majeure sur la musique populaire américaine, puisqu’il est à la source du jazz, du R’n’B et du rock ‘n’ roll entre autres.
  • Le ragtime est un genre musical d’origine américaine, extrêmement populaire entre 1890 et le milieu des années 1920. On trouve dans le cake-walk et les musiques de salon une forme primitive de ragtime, mais on situe généralement l’émergence du ragtime classique en 1897. Le plus célèbre compositeur de ragtime est Scott Joplin (1867-1917). Le ragtime est principalement associé au piano, mais est aussi joué avec d’autres instruments, tels que la guitare ou le banjo, et peut être interprété avec une formation de type fanfare.


Renaissance de Harlem :

Après l’abolition de l’esclavage en 1865, les affranchis sont attirés par New-York. Victimes de racisme quotidien ils sont rejetés du centre de la ville par les Blancs. Ils se regroupent donc dans le quartier de Harlem au Nord de Manhattan. La période de 1918 à 1937 se nomme « Renaissance de Harlem » car la présence des noirs avait provoqué un renouveau dans ce quartier, même si les ils restaient les plus pauvres. Harlem devient le lieu de rendez-vous des élites afro-américaines de New-York, qui accède donc à cette époque au rang de centre mondial de leur culture. Même si la renaissance ne se limite pas au quartier de Harlem, celui-ci concentrera un nombre remarquable d’intellectuels et de talents, ce qui en fera la capitale symbolique de cet éveil culturel. C’est le premier mouvement d’affirmation de la culture afro-américaine dans l’univers culturel américain. Cette renaissance est active dans les domaines de la littérature, de la poésie, des arts du spectacle, des arts plastiques et de la musique. Elle a pour but de repenser la conception du « Nègre » sans tenir compte des stéréotypes blancs qui avaient influencé le rapport que les noirs entretenaient avec leurs racines et entre eux, ce qui apportera un changement de mentalité dans la population noire.


Dans les années 1930 le quartier de Harlem prend le relais de Chicago pour le Jazz en diffusant cette musique aux blancs et en Europe faisant progresser ce style musical. Ce mouvement va s’étendre de plus en plus autour du quartier de Harlem jusqu’à être diffusé dans toute l’Amérique, ce qui va avoir un impact majeur sur les arts et la société Américaine.



L’impact sur les sociétés :

Le jazz, et plus particulièrement le free jazz, sont des supports de la lutte contre la ségrégation raciale. En effet les musiciens de free jazz expriment leur volonté de liberté en brisant toutes les règles de la musique populaire.

Les noirs utilisent cette musique pour affirmer leur identité et leur culture afro américaine.

Les noirs, comme Miles Davis, jouent dans des bars réservés à un public blanc qui s’approprie le be-bop qu’ils joueront eux même dans ces bars en excluant totalement les noirs, le plus célèbre étant le Cotton Club dans lequel les blancs parodiaient les noirs sur leur physique en se peignant le visage.

En réaction à cette ségrégation raciale dont ils étaient les victimes, les noirs créent un mouvement de reconnaissance opposé au « cool jazz » dérivé du be-bop : le hard-bop (d’où l’opposition « cool » « hard ») en 1955. La batterie est à la place centrale, les rythmes sont tous inspirés de la musique africaine, le piano pose les accords, accompagnant le saxophone et la batterie dans leurs improvisations.

Avec le temps et les engagements politiques qu’on engendré les mouvements culturels tel que la renaissance de Harlem, le free jazz, et le hard-bop, les musiciens noirs ont été reconnu comme étant les meilleurs musiciens de jazz de l’époque ce qui atténuera légèrement la ségrégation raciale avant la réelle fin de cette ségrégation à la fin des années 60.



L’influence du Jazz sur la musique moderne :

Les Work Songs, le Gospel, le Spirituals et le Ragtime sont les premiers aspects du Jazz qui sont eux même un mélange de la musique européenne et de la musique africaine. Le Ragtime s’est développé en New Orléans en 1900, puis de décennies en décennies, lors des déplacements des Noirs, le Jazz s’est développé pour influencer des musiciens qui ont eux même développé de nouveaux styles musicaux. Outre cette influence, le Jazz a aussi évolué en lui-même :

  • Le Swing fait son apparition en 1930, suivi du Be bop en 1940 après l’arrivée des noirs à Kansas City en 1934, ayant pour musicien phare Charlie Parker. Lors des années 50, le Jazz s’approprie de nouveaux instruments, dont la guitare, la basse électrique et les synthétiseurs.
  • Le be-bop est né de l’érosion du swing, une voie opposée en petite formations. Un tempo très rapide ainsi que des dissonances sont des caractéristiques du be-bop. La composition est souvent un Quartet, composé d’une Trompette ou d’un Sax, une Contre Basse, un Piano et de la Batterie. L’improvisation se base en accords, ces derniers étant syncopés et dissonants, et la batterie hyperactive, la rivalité mélodiques et rythmiques est donc entendu et propre à ce style. Le Hard-Bop, style qui apparaîtra dans les années suivantes, conservera les bases du Be-bop : une batterie suractivé accompagné d’un quintet (le Ténor Sax est rajouté).
  • Le Free-Jazz peut se résumer comme n’ayant pas de règles ! La transgression est un art dans ce domaine, il n’y a pas de découpage thématique traditionnel, pas de trames harmoniques. Le côté rythmique est beaucoup plus souligné, les musiciens alternent dans leurs improvisations tensions et fin de tensions : il s’agit simplement de jouer lors de l’improvisation des notes étrangères à la gamme, de retomber sur une note appartenant à la gamme sur un temps fort.
  • Le Jazz Cool fait donc son apparition, Miles Davis et Stan Getz sont des pionniers phares de ce style, le côté « cool » et « posé » se fait ressentir, Jaco Pastorius, premier bassiste à utiliser la basse comme une guitare électrique, se fait aussi remarquer. Les arrangements sont complexes et écrits : on ne joue plus au « feeling ». A partir de ce moment là, le Blues débouche sur des nouveaux styles qui sont ceux que nous pouvons entendre à nos jours :
  • Le Rythm & Blues déboucha sur le Reggae et la Soul, puis sur le Rock n’ Roll, qui sera une version un peu plus poussée du Blues. La guitare deviendra à partir de ce moment là, l’instrument indispensable pour de nombreux styles musicaux. Lui-même débouchera sur le Rock, la Pop, le Hard Rock, la New Wave… 

Tous ces styles sont nés vers 1970, avec apports du Rock et du Funk. Les instruments électriques font alors leurs apparitions et auront un rôle majeur au côté du piano, du saxophone et de la batterie. Le génie d’un homme se fait ressentir : celui de Jimi Hendrix, considéré à nos jours comme le plus grand guitariste. Les rythmes sont binaires portés par l’énergie du Rock.
En étudiant les styles musicaux actuels et Blues des années 50, on peut remarquer de nombreuses similitudes :

  •  Le rythme entre le Rock et le Blues, l’accentuation sur le deuxième et quatrième temps de la musique,
  • Les paroles entre le Hip-Hop et le Blues, traitant de sujets tristes comprenant des paroles profondes (l’improvisation des Jazzman peut être comparée aux « Freestyle », où les rappeurs improvisent non sur des notes, mais sur des mots)
    Le Jazz pourrait se définir en 5 mots :
    Improvisation – Syncopes – Construction d’accords – Progression d’accords – Instrumentation.


Conclusion :

Le Jazz a fortement influencé les sociétés Américaine dans leurs rapports avec les Noirs déportés d’Afrique au XVe siècle à partir de l’abolition de l’esclave en 1865 supprimant partiellement les inégalités entre les Blancs et les Noirs. La renaissance de Harlem a aidé ce style de musique à se diffusé et à diffusé les idées et les arts de la culture afro-américaine. Au début du XXe siècle, le Jazz a influencé de nombreux courants musicaux, qui sont les musiques que nous écoutons à nos jours. Cependant, il est resté un style à part entière, évoluant lui aussi et multipliant sa variations musicales.



Auteurs :

  • Simon PEAUD
  • Robin DESA
  • Flavien PONCHON